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Baromètre de la Corruption au Cameroun 2015. Avis des citoyens

La corruption gagne du terrain et les gouvernements sont impuissants à enrayer le phénomène, d’après le sondage d’opinion mené en Afrique. Transparency International estime que 75 millions d’Africains ont versé un pot-de-vin au cours de l’année dernière.

Une majorité des camerounais déclare que la corruption a progressé au cours des 12 derniers mois et ils jugent pour la plupart que le gouvernement ne remplit pas ses obligations pour enrayer les abus de pouvoir, la corruption et les transactions opaques, selon un nouveau sondage d’opinion réalisé par Transparency International.


Dans le cadre du rapport People and Corruption: Africa Survey 2015, un élément du Baromètre mondial de la corruption, Transparency International s’est associé à Afrobaromètre, qui a interrogé 43 143 personnes dans 28 pays d’Afrique subsaharienne entre mars 2014 et septembre 2015 sur leurs expériences et perceptions de la corruption dans leur pays. Soit 1182 au Cameroun entre janvier et février 2015.

Au Cameroun, près de 44 % d’individus sondés affirme que la corruption a augmenté au cours des 12 derniers mois, tout comme une grande majorité (57%) des personnes interrogées considère que le gouvernement ne fait pas correctement son travail en matière de lutte contre la corruption.

Malgré ces conclusions décevantes, quelques pays du continent se distinguent néanmoins, parmi lesquels le Botswana, le Burkina Faso, le Lesotho et le Sénégal. Les citoyens de ces pays sont ceux qui ont les avis les plus positifs de la région lorsqu’il est question de la corruption.

Pour la première fois, les personnes interrogées ont déclaré qu’elles percevaient les agents des impôts et les dirigeants d’entreprises comme hautement corrompus. Le secteur des impôts et celui des affaires sont respectivement classés comme deuxième et troisième secteur affecté par les niveaux de corruption les plus élevés dans notre pays, juste après la police. La police est régulièrement évaluée comme fortement corrompue, mais l’évaluation très négative des agents des impôts et des dirigeants d’entreprises est un fait nouveau par rapport aux sondages précédents.

Beaucoup d’Africains, en particulier les populations défavorisées, subissent le poids de la corruption quand ils tentent d’avoir accès aux services publics de base dans leur pays. Au Cameroun, 48% d’usagers qui ont été en contact avec un service public au cours des 12 derniers mois ont versé un pot-de-vin.

Sur les six principaux services publics sur lesquels nos questions ont porté, les personnes qui ont été en contact avec la police ou les tribunaux sont les plus susceptibles d’avoir versé un pot-de-vin. Respectivement 34 % et 32% des personnes qui ont eu un contact avec ces services ont versé un pot-de-vin. Toutefois, le Cameroun est le seul pays sur les 28 où tous les six services publics sont fortement corrompus. Sur tout le continent, les pauvres ayant recours aux services publics sont deux fois plus susceptibles que les riches d’avoir versé un pot-de-vin. Dans les zones urbaines, ils sont encore plus susceptibles de payer des pots-de-vin.

« La corruption crée et alimente la pauvreté et l’exclusion. Alors que des individus corrompus qui jouissent d’un pouvoir politique mènent un train de vie somptueux, des millions d’Africains sont privés de la satisfaction de leurs besoins fondamentaux comme l’alimentation, la santé, l’éducation, le logement, l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires. Nous appelons les gouvernements et les juges à venir à bout de la corruption, à mettre un terme à l’impunité et à mettre en œuvre l’Objectif 16 des Objectifs de développement durable édictés par les Nations unies visant à réduire la corruption. Nous exhortons également la population à exiger honnêteté et transparence et à se mobiliser contre la corruption. Il est temps de dire que ça suffit et de démasquer les corrompus, » a déclaré José Ugaz, le président de Transparency International.

Il est de plus en plus évident que les citoyens constituent un élément clé de toute initiative de lutte contre la corruption. Toutefois, l’enquête indique que les mécanismes de dénonciation de la corruption sont souvent perçus comme trop dangereux, inefficaces ou peu clairs. Plus de 1 usager sur 3 pense qu’un lanceur d’alerte s’expose à des conséquences négatives s’il dénonce des pratiques de corruption, ce qui est la raison pour laquelle la plupart des gens ne dénoncent pas la corruption.

« Notre travail en tant que société civile est clair : nous devons diffuser un message d’espoir à travers notre pays. Il est possible de lutter contre la corruption. On doit donner l’espace aux gens de s’élever contre elle sans crainte de représailles et les gouvernements doivent faire preuve de responsabilité pour mettre un terme à l’impunité généralisée. »

Transparency International- Cameroun fait les recommandations suivantes :

• La ratification de la convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption ;
• L’adoption d’une loi anti-corruption qui réprimande l’enrichissement illicite ;
• La mise en application de l’art 66 sur la déclaration des biens ;
• Le gouvernement doit mettre en place des mesures strictes pour lutter contre la corruption des agents de la police et des impôts ;
• Rendre indépendantes les actions des différents organes de lutte contre la corruption ;
• Renforcer l’intégrité dans toutes les administrations publiques ;
• Protéger des dénonciateurs;
• Garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire ;

Tant qu'elle ne sera pas éradiquée, la corruption ralentira le développement et la croissance économique, tout en affaiblissant la confiance des citoyens à l’égard du gouvernement et la responsabilité des institutions publiques.

Transparency International est l’organisation internationale de la société civile qui mène la lutte contre la corruption

Vous pouvez télécharger le rapport complet d'ici.

 

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