Réduire le déficit d’information auprès des acteurs de l’éducation de base : TI-C auprès des communautés locales

L’étude Cartographie des déficits de transparence et d’intégrité dans l’éducation primaire au Cameroun rendue public par TI Cameroon en juillet dernier relevait un déficit criard d’informations au niveau local, dans le secteur de l’éducation. Les directeurs d’école n’avaient pas connaissance de nombre de lois et décrets régissant le fonctionnement de l’école primaire publique au Cameroun. TI- a donc entrepris d’organiser deux descentes auprès des communautés locales des régions du centre, Littoral et Sud dans l’optique de sensibiliser et informer les acteurs du secteur éducatif.

Sensibilisation et information des acteurs de terrain

La première descente, du 27 Septembre au 7 Octobre 2011, avait pour objectif de remettre aux directeurs d’écoles et ménages les documents relatifs à l’étude TISDA (résultats de l’étude et matériel de sensibilisation). La deuxième  descente, du 05 au 15 Décembre 2011visait à échanger avec ces cibles à travers une causerie éducative.

Il a ainsi été remis aux directeurs d’école un recueil  des textes juridiques suivants :

  • Arrêté n°2010/246/B1/1464/A/MINEDUB/CAB du 31 décembre 2010 portant cahier des charges précisant les conditions et modalités techniques d’exercice des compétences transférées par l’Etat aux communes en matière d’éducation de base.
  • Circulaire n°21/B1/1464/MINEDUC/SG/DRFP du 24 juillet 2000 portant organisation des modalités pratiques d’approvisionnement des écoles primaires publiques en matériels didactiques et pédagogiques ;
  • Circulaire n°21/A1/135/MINEDUC/CAB du 20 septembre 2001 portant modalités d’exécution du budget des établissements scolaires publics ;
  • Circulaire n°33/A/135/MINEDUC/CAB, complétant Circulaire n°21/A1/135/MINEDUC/CAB du 20 septembre 2001 portant modalités d’exécution du budget des établissements scolaires publics ;
  • Décret 2001/041 du 19 février 2001, portant organisation des établissements scolaires publics et fixant les attributions des responsables ;
  • Loi n°98/004 du 14 avril 2008 sur l’orientation de l’éducation.

Echange avec les groupes cibles autour des résultats de l’étude et des actions entreprises par TI-C

Dans un deuxième temps, Transparency International Cameroon a tenu à recueillir les avis de ces deux groupes cibles et préciser sa démarche. Alors que certaines personnes voyaient en cette action une volonté de saper les efforts des responsables d’école en faveur du bon fonctionnement de leurs institutions, les agents disséminateurs ont tenu à préciser l’approche. Transparency International Cameroon ne demande pas aux parents de renoncer à payer les frais d’APE, mais leur rappelle que ces frais ne devraient pas être exigibles pour inscrire un enfant dans une école primaire publique. En mettant ainsi la bonne information à la disposition des parents d’élèves, TI-C entend réveiller leur conscience collective pour qu’ils obligent l’Etat à faire face à ses obligations. En même temps, TI-C voulait lancer un appel aux directeurs d’écoles pour qu’ils cessent de faire pression sur les parents d’élèves par rapport aux frais de fonctionnement des écoles, et de se tourner plutôt vers l’Etat qui a décrété l’accès gratuit aux écoles primaires publiques. Si les parents pouvaient donc se résoudre à ne pas payer les frais d’APE dans deux, trois, ou plus d’écoles, cela bloquerait le début des cours  dans certaines écoles, faute du matériel de travail. En conséquence,  l’Etat serait obligé de se pencher sur la question de l’insuffisance qualitative et quantitative du matériel de travail (paquet minimum) dans la plupart des écoles primaires publiques en trouvant des solutions définitives à cette question. Mais tant que le porte-monnaie du parent d’élève continuera de palier au manquement de l’Etat, les ménages continueront de se plaindre du coût élevé des écoles primaires publiques, malgré leur supposé « gratuité ». Cette descente visait donc à créer une masse critique de ménages prêts à faire monter la pression jusqu’au niveau le plus élevé du pouvoir pour une prise en compte des problèmes du secteur éducatif primaire. Il s’agit en fait d’une mobilisation populaire pour une prise en main des problèmes grâce à l’accès à l’information (cf. Stratégie de TI).

Les réactions et doléances des interlocuteurs

Les directeurs d’écoles ainsi que les ménages ont largement apprécié cette initiative et souhaitent que Transparency International Cameroon continue de les édifier. Les directeurs d’écoles ont également manifesté le désir de partager les textes avec leurs collègues dont les écoles ne faisaient pas partie de l’échantillon de l’étude. Dans le registre des doléances, les parents ont souhaité que TI-C continue de porter leurs doléances auprès du gouvernement, que le travail dans le cadre de TISDA soit pérenne, et que l’approche utilisée par TI-C pour dénoncer les disfonctionnements du système s’oriente plus vers les autorités politiques

Mis à jour le lundi 19 octobre 2015 09:12

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