Enquête sur l’ampleur et les causes de l’absentéisme des enseignants à l’école primaire

absenteisme-scolaireChaque enseignant du primaire public de la région du Centre au Cameroun perçoit en moyenne trois jours de salaires par mois sans travailler, soit deux mois de salaire indûment perçus par an et par enseignant. Tel est la conclusion de l’étude sur l’Absentéisme des enseignants dans les écoles primaires publiques au Cameroun publiée par Transparency International-Cameroon (TI-C) en juin 2011.

Le degré d’absentéisme des enseignants, il se situe en moyenne à 15,1%. Toutefois, ce taux varie selon qu’il s’agit des enseignants fonctionnaires, contractualisés/contractuels, et des maîtres de parents (pris en charge par les associations des parents d’élèves et des enseignants). Il est évalué à 10% pour les maîtres de parents, 13% pour les enseignants fonctionnaires, et 22,2% pour les enseignants contractualisés. Si l’on tient compte du fait qu’un maître d’école travaille sept heures par jour, soit cinq jours la semaine, cela fait au total 5h1/4 d’absence par semaine, donc 21 heures d’absence par mois, soit trois jours d’absence par enseignant, au moins.

Certains enseignants s’absentent jusqu’à 9jours par mois

D’après les déclarations des enseignants enquêtés, les absences de quelques heures sont les plus fréquentes quel que soit le Département. Les absences ont des durées plus longues dans le Mfoundi, vraisemblablement du fait des difficultés de déplacement dues aux embouteillages en ville pour les absences de quelques heures. La grande sédentarité des enseignants du Nyong-et-Kellé expliquerait la plus grande fréquence des absences de quelques jours. Ce qui frappe reste l’important écart observé entre la durée maximum des absences dans le Mfoundi et dans le Nyong-et-Kellé : une moyenne de 4,1 jours par mois (Mfoundi) contre 1,5 jour (Nyong-et-Kellé) ;  et un maximum de 9 jours par mois (Mfoundi) contre 3 jours (Nyong-et-Kellé).

Les Inspecteurs, par leurs activités de coordination et de supervision des enseignements dans leur zone de compétence, apparaissent comme ayant une position privilégiée pour appréhender la question de l’absentéisme.

Aux antipodes des critères à effets marginaux se trouvent, par ordre d’importance décroissante, les raisons les plus fréquemment évoquées tels l’affairisme des enseignants, le non regroupement familial, l’incapacité due au poids de l’âge, les maladies, l’absence de logement, l’indisponibilité des services de santé et dans une moindre mesure, l’éloignement du lieu de perception du salaire.

 Le salaire des enseignants ne les permet pas de vivre et d’exercer décemment leur profession

D’après les directeurs d’école, Les absences de quelques jours pourraient trouver leur origine dans les besoins de perception du salaire, du suivi des dossiers, du regroupement familial, de l'accès à certaines commodités non existantes sur place, en zone rurale.

Toutes les parties prenantes sont cependant unanimes  sur le fait selon lequel joindre les deux bouts au moyen du seul salaire n’est pas toujours évident dans l’environnement de notre économie eu égard aux salaires en vigueur. On se souviendra d’ailleurs que la question du niveau de salaires des enseignants a souvent été à l’origine des remous sociaux dans notre pays.

L’éducation, élevée au rang de grande priorité nationale par le Cameroun tant dans le cadre du Document Stratégique de Croissance et l’Emploi (DSCE) que dans  différents accords internationaux (2ème OMD), est la première richesse de notre pays. Cette étude met le doigt sur un réel problème de gouvernance dont souffre cette institution qui sous tend notre organisation sociale.

Recommandations de l’étude

A l’opposé de ces problèmes, l’étude propose les recommandations suivantes :

  • Assurer le suivi de la prise en solde et autres prestations associées aux enseignants ;
  • Construire les cases de santé à proximité des écoles ;
  • Construire des logements pour enseignants dans la zone d’affectation ;
  • Faciliter le regroupement familial ;
  • Rapprocher les lieux de perception de salaire des enseignants ;
  • Revaloriser le salaire des enseignants ;
  • Améliorer le cadre de travail des enseignants ;
  • Renforcer le dispositif de contrôle de l’assiduité des enseignants.
Les recommandations de l’étude s’adressent à différents ministères impliqués dans la gestion du personnel enseignant et des écoles primaires publiques. Cependant, le Ministère de l’Education de Base  (MINEDUB)est concerné de premier chef. Le MINEDUB a à cet effet lancé lors de la rentrée scolaire 2012-2013 une vaste campagne de sensibilisation sur l’absentéisme des enseignants et ses conséquences. Ils ont commis un Guide «  pour que cesse l’absentéisme des enseignants à l’école », à l’attention des acteurs de la communauté éducative.

Mis à jour le lundi 19 octobre 2015 09:22

Corruption au Cameroun

voleur

Victime ou témoin de corruption au Cameroun ? Contactez le CAJAC.

Visiteurs

2985885
Today
Yesterday
This Week
All
32
1164
5237
2985885
Your IP: 54.156.32.65
Server Time: 2017-07-28 00:31:02
JSN Epic template designed by Serge NanFor 9Web