Corruption et mal gouvernance: un obstacle à l'accès équitable à l'éducation au Cameroun

Article-education-5Tout au long du mois de janvier 2012, le Cardinal Christian Tumi, Prix de l'intégrité 2011, a joint sa voix à celle de nombre d'artistes et personnalités publique pour appeler à l'effectivité de la gratuité de l'école primaire publique au Cameroun. On a ainsi pu voir sur les chaines de télévision nationale : Kareyce Fostso, Valsero, Richard Kings, artistes musiciens ; Perte Essoko, Michelle Ngoumou et Foly Dirane, journalistes et animateurs télé. Ceci marquait le début de la campagne de plaidoyer que Transparency Cameroon a lancé, pour l'accès équitable à l'éducation pour toutes les couches sociales ; campagne concernant tant l'éducation de base que l'enseignement supérieur.

 Le président de Transparency International Cameroon, Me Charles Nguini, a procédé le 19 avril 2012 au lancement officiel de la campagne « éducation sans exclusion », en présence de son excellence Raul Mataeus Paula, ambassadeur de la Commission de l'Union Européenne au Cameroun. TI-Cameroun, en collaboration avec d'autres OSC, s'est lancé depuis quelques années dans un vaste programme sur le fonctionnement et la gestion des ressources allouées au Ministère de l'Education de base. L'objectif ultime étant d'informer et sensibiliser le système éducatif et toutes les autres parties prenantes aux questions de corruption et aux dommages de celle-ci sur la construction même de notre nation. Des études de terrain, dont celle réalisée dans le cadre du programme TISDA ont permis d'identifier les disfonctionnements et les déficits de transparence dans l'éducation primaire publique.

Ecole primaire publique : le leurre de la gratuité
Des organisations de la société civile et les acteurs clés de l'éducation primaire publique se sont retrouvé le 18 avril 2012 au siège de TI-C à Yaoundé, pour un atelier de réflexion sur la gouvernance dans le secteur de l'éducation primaire publique au Cameroun. Les échanges entre les différents participants ont débouchés sur un certain nombre de constats, qui seraient à l'origine du non-respect des textes sur la gratuité de l'accès à l'école primaire publique :


•l'existence de textes juridiques contradictoires ;
• l'opacité dans la gestion et l'allocation des ressources financières, matérielles et humaines allouées aux établissements primaires publiques ;
•l'insuffisance, inadaptation et distribution tardive du Paquet minimum ;
• le manque de transparence et confusion des responsabilités dans la gestion des APEE ;
•la lourdeur du processus de transmission du paquet minimum aux Collectivités Territoriales Décentralisées – pléthore d'intermédiaires, décision tardive d'acquisition du matériel etc.
•le non opérationnalisation des Conseils d'école et manque d'implication des parents
Il importe dès lors de réformer le financement de l'éducation primaire publique au Cameroun, et d'en assurer le monitoring et le suivi permanent.
La campagne de plaidoyer du Cajac s'inscrit donc dans le cadre d'une coalition d'acteurs, et vise à impulser le changement pour la mise en œuvre de réformes adaptées, opportunes, efficaces et concrètes, en vue de l'effectivité de la gratuité de l'accès à l'éducation primaire publique pour tous les enfants camerounais.
L'accès aux grandes écoles : réseaux de corruption et trafic d'influences
Les concours administratifs dans notre pays ne s'obtiennent pas toujours au prix de l'effort. Le prix ici est à évaluer en CFA. Certains tarifs sont même officiels, moyennant le standing de l'école à laquelle on veut accéder. Le Centre d'Assistance Juridique et d'Action Citoyenne de TI-C a enregistré des plaintes de candidats aux concours, auxquels il était exigé des pots de vin pour être admis. Cinq cent mille francs pour tel concours, un million pour tel autre, un million cinq cent mille... Par ailleurs, le trafic d'influence et les différentes pressions exercées par des personnalités publiques ont donné naissance à une « politique des listes ». Des candidats seraient admis dans des écoles du simple fait d'appartenir à une liste « imposée » par une personnalité influente, quel que soient ses performances. Toutes ces pratiques sont lourdes de conséquences pour le développement du pays, car, des fonctionnaires et commis de l'Etat issus de ces écoles, dépend la gestion des affaires de la Nation. Que faut-il attendre d'un magistrat qui pour se former a dû payer de gros pots de vins ? D'un enseignant, d'un policier, d'un médecin qui a suivi le même parcours ? Seront-ils seulement compétents dans l'exercice de leurs fonctions ?
Le deuxième axe de plaidoyer de TI-C entend s'inscrire dans une logique de coalition des forces. Elle est donc menée en partenariat avec la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) et le programme CHOC (Changer d'Habitude, s'Opposer à la Corruption). Il est question pour TI-C, au terme de cette première campagne, de contribuer à la mise sur pieds de mécanismes de détection de corruption au sein d' établissements d'enseignement supérieur. L'école nationale supérieure polytechnique et l'école nationale supérieure des postes et télécommunication sont les premières écoles à adhérer au projet. Des conventions on à cet effet été signées avec lesdites écoles.
Une pétition pour défendre le droit de nos enfants à l'éducation
La Campagne de plaidoyer « Education sans exclusion » s'étendra jusqu'à fin 2013. Passé le lancement, la Campagne rentre dans la phase de mobilisation citoyenne. Il est question pour le CAJAC de se rendre dans différentes régions du pays pour sensibiliser les populations ainsi que les acteurs du secteur éducatif. Une pétition a été lancée à cet effet, pour dire non au renvoie des enfants des écoles primaires publiques pour non-paiement des frais d'APEE (les parents paient en moyenne d'après l'étude TISDA, 20 000 francs par an pour l'éducation de leurs enfants à l'école publique). Il est question, pour les parents qui sont appelés à signer cette pétition, de défendre le droit de leurs enfants à l'accès gratuit à l'école primaire publique.

Mis à jour le lundi 13 mars 2017 14:52

Corruption au Cameroun

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