Gouvernance dans le processus REDD+ au Cameroun: Que retenir des initiatives REDD+ en cours?

monitoring REDDDepuis que le Cameroun s’est engagé dans le processus REDD+, plusieurs partenaires et porteurs de projet ont lancé des initiatives tendant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cependant   la mise œuvre des activités REDD+ repose sur les directives internationales définies en la matière. L’une de ces directives est la gouvernance à travers la participation de toutes les parties prenantes, la transparence et le partage d’information la clarté des droits, la responsabilité et le partage des bénéfices des parties prenantes, le mécanisme de gestion des conflits et de réclamation des droits. C’est pour toucher du doigt la prise en compte de ces aspects que l’équipe du projet ‘’REDD+ finance and integrity for Africa’’ a séjourné dans les localités de Bana et Buéa du 24 au 29 septembre 2016.

Cette descente s’inscrivait dans le cadre du monitoring des projets et initiatives REDD+ au Cameroun. Les projets retenus pour cette phase pilote étaient : le Programme d’Appui à la Stratégie du Secteur Rural du volet forêt environnement (PROPSFE) (Mont Cameroon park. Buéa) et la « Gestion durable de la réserve forestière de Bapouh-Bana » (Bana).

Pour ce qui est  du PROPSFE de la coopération allemande,les questions de gouvernance sont particulièrement prises en compte. Une stratégie de cogestion de l’aire protégée a été adoptée. Elle implique la collaboration avec toutes les parties prenantes telles que l’Etat (MINEPDED et le MINFOF), les communes, le secteur privé, les OSC et les communautés rurales. Le partage des bénéfices et le partage des responsabilités sont également des aspects mis en exergue par le programme. Pour ce qui est du partage des bénéfices, il convient de dire que c’est un système basé sur les produits forestiers (les produits forestiers non ligneux (PFNL), l’agriculture et les infrastructures). Les communautés locales peuvent ainsi jouir de la commercialisation des PFNL ou de l’agriculture ou bénéficier des projets de développement tels que la construction d’une route, d’une adduction d’eau, d’un centre de santé, etc. Concernant le partage des responsabilités, le programme veut mettre en place des institutions claires : cluster facilator, village manager community, Cluster plateforme, la signature des conventions entre le Parc et les villages riverains. Les Conservation Development Agreement (CDA), sont des conventions signées entre le Parc et les villages riverains représentés par leurs chefs, c’est dans ces documents que les questions de droits et responsabilités des parties sont traitées et diverses autres négociations.

Pour ce qui concerne la « Gestion durable de la réserve forestière de Bapouh-Bana », il faut noter qu’il est financé par l’Agence Française de Développement (AFD) dans le cadre du C2D et le Programme National de Développement Participatif (PNDP) en assure l’accompagnement technique. Dans le cadre dudit financement, le PNDP accompagne 10 communes retenues sur la base d’une sélection basée sur des critères préalablement définis. Chaque commune a produit une note d’idée de projet. Pour accompagner les communes dans l’élaboration ces notes d’idée de projet, le PNDP a lancé un appel à proposition pour garantir sa neutralité et la transparence du processus de sélection. Pour le cas du projet de Bana, c’est Action for Sustainable Development (ASD) qui a été retenu. La note d’idée du projet a étéréalisée avec la participation de toutes les parties prenantes des localités touchées par le projet. Plusieurs ateliers ont été organisés avec les conseillers municipaux, les représentants des ministères sectoriels et les chefs traditionnels des localités concernées par le projet pour la validation des études réalisées. Ce projet est à la phase d’étude de faisabilité, et elle se fera par le Centre Technique de la forêt communale (CTFC) choisi parmi tant d’autres suite au dépouillement d’un appel d’offre à cet effet.

La participation de toutes les parties prenantes, la transparence et le partage d’information, la clarté des droits, la responsabilité et le partage des bénéfices des parties prenantes, le mécanisme de gestion des conflits et de réclamation des droits sont des piliers de l’intégrité qui doivent concourir au succès de la mise en œuvre de la REDD+ au Cameroun. Les deux initiatives mentionnées plus haut sont des exemples qui peuvent inspirer d’autres porteurs de projets et   participer à l’élaboration de la stratégie nationale.  

    

Mis à jour le vendredi 11 novembre 2016 14:17

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